Journal · 18 octobre 2026

Peindre, froisser, figer : la technique de la toile froissée

Comment Dinelli transforme une peinture à l'huile en relief : la toile peinte, froissée et modelée comme une sculpture, puis figée par une résine.

Toits de Paris – Haussmann 2, huile sur toile froissée de Dinelli
Toits de Paris – Haussmann 2, huile sur toile froissée

Les tableaux de Dinelli commencent comme des peintures à l'huile : une façade, un pan de toit, une rangée de fenêtres, peints sur toile. Ce qui les distingue vient ensuite.

Le froissage

L'artiste froisse la toile peinte et la modèle « telle une sculpture ». Les plis déforment la façade : un balcon ondule, une grille de fenêtres se gondole comme une étoffe, un graffiti se brise en facettes. Le geste est, selon ses mots, « à la fois instinctif et maîtrisé ».

La résine

Quand le relief lui convient, Dinelli fige la toile avec une résine. L'arrière est renforcé par un stratifié époxy : la toile garde sa forme, comme un bas-relief.

Cordes et boîtes

Certaines toiles reçoivent des cordes tendues en travers de la surface, comme Nanterre Nord, Tour Melun ou Tour 13 Ouest. D'autres sont présentées dans une boîte en plexiglas, comme Tours Nuages – Pablo Picasso, Montparnasse et Nid d'abeille – Plaisir.

Pourquoi froisser

Pour Dinelli, la matière froissée est une métaphore de la ville : « à la fois solide et mouvante, structurée et imprévisible ». Ses toiles interrogent la durabilité de l'architecture, entre tentation du jetable et fascination des formes et des matières.

Toutes les huiles sont réunies dans la collection Habitats.

Texte : atelier Dinelli. Citations : textes de l'artiste.

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